Vive la Gymnastique Volontaire chez les Personnes Agées !
Le vieillissement affecte considérablement la rythmicité circadienne de la vigilance ; les qualités du sommeil nocturne et de l'éveil diurne se dégradent.
L’insomnie qui en résulte est source de nombreuses plaintes et conduit bien souvent à une prise abusive de substances hypnogènes, alors la dégradation de l'éveil diurne diminue considérablement
la qualité de vie. Ces altérations peuvent être mises en parallèle avec la sédentarisation observée avec l'avancée en âge. Or de nombreuses études montrent que l'activité physique a un impact à
la fois sur la rythmicité circadienne et sur le sommeil, le retour à une pratique physique régulière pourrait donc être bénéfique au sommeil.
Sur ces bases, une équipe du CHU de Caen a évalué l'effet d'une pratique trihebdomadaire d'un exercice physique modéré (gymnastique volontaire) d’une durée d'une
heure trente sur le rythme veille-somme. Vingt-deux personnes âgées (66,8+4,5) ont été réparties en deux groupes (expérimental (n=11) et contrôle). La qualité et la quantité de sommeil ont
été évaluées par polysomnographie et enregistrement actimétrique pendant 5 jours consécutifs.
Les résultats montrent que l'entraînement, malgré son intensité modérée, a été efficace sur chacun des critères évalués dans le groupe expérimental par comparaison
au groupe contrôle.
En conclusion, le reconditionnement physique améliore la qualité du sommeil notamment en resynchronisant la rythmicité
circadienne.
Conséquences diurnes de l'insomnie en médecine générale
La sévérité de l'insomnie tient pour une large part à ses conséquences diurnes. Pour évaluer quels éléments cliniques leur étaient associés, une enquête d’une centaine de questions concernant la présentation clinique de l'insomnie a été complétée par 250 médecins généralistes.
Les conséquences diurnes de l'insomnie sont plus sévères lorsque le nombre de mauvaises nuits est supérieur à 5 par semaine. La somnolence est plus fréquente quand l'insomnie est chronique et chez les jeunes insomniaques.
En revanche, le sexe, l'indice de masse corporelle, la prise d'un traitement médicamenteux de l'insomnie ou de sa nature ne semblent pas avoir d’influence.
Réseau Morphée : Les groupes d'éducation thérapeutique dans l'insomnie
L'éducation thérapeutique permet d'informer et d'impliquer le patient dans la gestion de sa maladie. Le Réseau Morphée a mis au point un programme en 3 séances réparties sur 4 semaines, animées par un psychologue. Ce programme s'adresse à tout patient insomniaque chronique présentant une insomnie d'endormissement ou une mauvaise hygiène de sommeil, en l'absence de dépression active.
Le patient reçoit des consignes de restriction du temps passé au lit dés la première séance, ainsi que des informations sur la physiologie et les pathologies du sommeil. Le sommeil et la vigilance sont évalués sur un agenda du sommeil, des échelles analogiques (intensité du trouble, qualité du sommeil, qualité de la vigilance), la dépression (Q2A de Pichot), l'anxiété (Goldberg), la somnolence (Epworth). En début (SI) et fin de programme (S3) les participants remplissent le questionnaire de sévérité de l'insomnie de Morin.
Sur 74 personnes inscrites, 47 ont participé à l'ensemble du programme (35F-12M), âgée de 49,2 +/- 16,6 ans. A 3 mois du GET, 18 personnes ont renvoyé leur questionnaire d'évaluation (post). L'intensité des troubles s'améliore tant sur l'échelle de Morin (SI : 17,9 +/- 5,0 vs S3 14,7 +/- 4,7 (p < 0.0001), vs post : 13,1 +/- 6,0 (p<0,001)) que sur la VAS intensité des troubles (SI : 8,1 +/- 1,4 vs S3 : 6,3 +/- 2,2 (p<0,0001), vs post : 5,6 +/- 2,7 (p<0,001)) et sur la VAS qualité du sommeil (SI : 2,8 +/- 1,7 vs S3 : 4,1 +/- 2,2 (p<0,001), vs post : 5,1 +/- 3,0 (p<0,01)). La qualité de l'éveil et la somnolence ne se modifient pas tout au long du programme.
Ces résultats sont semblables à ceux des programmes de TCC développés sur un nombre plus grands de séances et souligne l'intérêt de cette approche.
Insomnie, SAOS et VPPC
L’équipe de Saint-Antoine (Paris) a évalué la prévalence de l'insomnie chez des patients SAOS et son retentissement sur l'observance à court terme à la VPPC.
Les données cliniques de 39 patients, 30 hommes et 9 femmes (âge = 51,8 +/- 13,7 ans, Index de Masse Corporelle (IMC) = 28,6 +/- 5,7 kg/m2, score d'Epworth initial = 11,5 +/- 5,1) appareillés par VPPC pour un SAOS (index d'apnées/hypopnées (IAH) = 46,3 +/- 25,4 /heure sur polysomnographie) ont été analysées rétrospectivement.
17/39 patients sont ISI 1 (pas d’insomnie ou insomnie subclinique : 10 +/- 4), dont 3 femmes et 22 patients sont ISI 2 ( insomnie modérée à sévère : 19 +/- 3) dont 6 femmes. Les 2 groupes ne différaient pas en terme d'âge ; d’Epworth initial et d'IAH. L’IMC (26,5 +/- 4,8 vs 30,2 +/- 5,9 kg/m2, p = 0,02), le score PSQI (6,8 +/- 2,4 vs 10,9 +/- 4,6, p = 0,001), et la latence d'endormissent (8,5 +/- 8,8 vs 26,7 +/- 42,3 minutes, p = 0,04) étaient significativement plus élevés dans le groupe ISI 2. Deux patients du groupe ISI 1 et 7 patients du groupe ISI 2 prenaient régulièrement un médicament psychotrope. L'observance de la VPPC à 1 mois était significativement plus élevée dans le groupe ISI 1 (4,43 +/- 2,62 vs 3,03 +/- 2,03 heures par nuit, p = 0,03).
La prévalence de la plainte d'insomnie est importante chez les patients SAOS. Il s’agit d’un facteur péjoratif pour l'observance à la VPPC à court terme.
A ce sujet, le Réseau Morphée met en place des groupes d'éducation thérapeutique pour aider les patients à mieux suivre leur traitement par VPPC. N'hésitez pas à contacter le réseau pour en savoir plus.

Derniers Commentaire