Enfants : Attention aux fausses insomnies
Les difficultés d’endormissement chez l’enfant ne doivent pas être considérées systématiquement comme une forme d’insomnie, surtout si le matin il n’éprouve pas de difficulté à se lever.
Elles peuvent être dûes à une heure de coucher trop précoce, le besoin de sommeil de chaque enfant lui étant propre. Les antécédents personnels et familiaux sont, dans ce cas, une information précieuse. Souvent, l’enfant « petit dormeur » l’est depuis la naissance. C’est une caractéristique que nous retrouvons fréquemment dans la famille proche.
Les difficultés d’endormissement associées à un réveil difficile n’impliquent pas de facto une insomnie non plus.
Il peut s’agir d’un décalage de phase (besoin de se coucher et de se lever plus tard). Ce décalage est fréquent chez l’adolescent, il est difficile de donner un âge précis, d’autant plus que ce décalage est amplifié par les pratiques sociales (heure de repas tardive, télévision, « chat » sur Internet, téléphone, jeux vidéo…).
Lors d’une étude récente sur des enfants de 5ème (âge : 12 ans), l’heure de coucher moyenne en semaine est à 22h15, elle est plus tardive le vendredi (22h50) et encore plus le samedi (23h13). La durée moyenne de sommeil est de 9 heures 25 minutes la semaine, et de 10 heures 30 minutes le week-end. Les heures de lever se trouvent elles aussi décalées. Ce décalage peut être également à l’origine de difficultés d’endormissement. D’ailleurs, la nuit considérée comme la plus mauvaise est la nuit du dimanche au lundi, la reprise des cours n’est certainement pas la seule raison…
Adultes : Attention aux pathologies sous-jacentes
L’insomnie a une forte prévalence dans la population actuelle, et touche plus de 27% des Français. Une étude récente1 portant sur un échantillon de plus de 1500 adultes américains a souligné un lien très important entre les maladies du sommeil et les problèmes médicaux. Les participants, tirés au sort, ont suivi un entretien téléphonique standardisé visant à la fois les symptômes des troubles du sommeil et les antécédents médicaux.
La majorité des participants (83%) avait au moins un problème médical. Chez les participants âgées de 65 – 84 ans, 25% avaient une co-morbidité majeure (au moins quatre pathologies).
La dépression, les problèmes cardiaques, les douleurs physiques, et les problèmes cognitifs étaient associés aux insomnies. Les maladies comme le diabète, l’obésité, l’arthrite, les maladies pulmonaires, les accidents vasculaires cérébraux et l’ostéoporose étaient associés à d'autres pathologies du sommeil telles que la somnolence diurne, le syndrome des impatiences des membres inférieurs, le ronflement et le syndrome des apnées du sommeil.
En conclusion, chez une personne âgée, une insomnie est souvent due aux pathologies sous-jacentes et donc fait partie des insomnies dites ‘secondaires’. En pratique, il convient d’éliminer les autres causes d’une insomnie, avant d’aborder une possible pathologie primaire.
1 Sleep disturbances and chronic disease in older adults; Results of the 2003 National Sleep Foundation Sleep in America Survey: Foley D, Ancoli-Israel S, Britz P, Walsh J: J Psychosom Res 56(5) 497-502 (2004).


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