Pression Positive Continue ou Pression Positive Auto-pilotée ?

 

L’objectif de la prise en charge du syndrome d’apnées du sommeil par ventilation spontanée à pression positive est de diminuer les événements respiratoires nocturnes afin d’améliorer la qualité du sommeil (sommeil plus réparateur), réduire la somnolence diurne et diminuer les risques cardiovasculaires. Pour les patients présentant un syndrome d’apnées du sommeil non compliqué, il existe à ce jour deux types de machine. L’appareil à pression positive continue (CPAP), qui toute la nuit corrige les événements respiratoires avec une pression positive continue, pression déterminée suite à une nuit de titration réalisée au laboratoire de sommeil. La deuxième machine est à pression positive variable, il s’agit des machines « auto-pilotées » (APAP). La pression administrée au patient est définie par la machine et son algorythm en fonction des événements respiratoires détectés dans une plage de pressions prédéfinie par le médecin (par ex. : 4-15 cm H2O).

 

Une étude publiée récemment dans CHEST (mai 2007 – 131 :1393-1399) par une équipe Milanaise relance le débat sur l’utilisation des appareils à ventilation spontanée en pression positive autopilotée.

 

Quarante patients présentant un syndrome d’apnées du sommeil de type obstructif ont été inclus dans ce protocole. Après une nuit de titration, les patients présentant un syndrome d’apnées du sommeil avec un IAH > 20 et une somnolence diurne importante (Epworth > 12) ont été randomisés en deux groupes parallèles : pression positive continue (CPAP) (pression déterminée par la nuit de titration) ou pression positive auto-pilotée (APAP) (4-15 cm H2O). La période d’évaluation et de traitement était de 3 mois. Seulement trente et un patients ont été analysables à la fin des trois mois de traitement.

 

Les critères démographiques à l’inclusion étaient identiques entre les deux groupes de traitement. Après trois mois de traitement, il n’y avait pas d’évolution significative de l’IMC et de la FC. Une amélioration significative de l’IAH, la SaO2 et du score d’Epworth a été observée dans les deux groupes. L’IAH résiduel obtenu dans le groupe CPAP était plus faible que dans le groupe APAP avec une différence statistiquement significative (2+/-1,6/h vs 6+/-2,3/h ; p<0,001). Au niveau de l’évolution de la pression artérielle, une réduction significative (p<0,001) a été observée dans le groupe CPAP. Les pressions restaient inchangées dans le groupe APAP.

 

Les résultats de cette étude démontrent que la CPAP et l’APAP ont un effet favorable sur l’évolution de l’IAH et le score d’Epworth. Néanmoins la CPAP semble plus efficace sur l’amélioration de la PAS et PAD. Il faut cependant noter, qu’il n’y a pas de comparaison statistique directe entre les deux groupes de traitement sur les paramètres tensionels. Les résultats de cette étude doivent être confirmés sur un échantillon plus important et avec plusieurs machines différentes.

 

Evolution PAS et PAD entre l’inclusion (B) et la fin de l’étude (3 mois)

 

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